La « trans formation » de la dent d’Eve. [article invité]

Didier du blog le voyage du lâcher prise, organise l’événement « Agir ? Réagir ? Mais qui ou qu’est-ce qui agit ou réagit ? » , riche en découvertes et créativité !

J’y ai trouvé de belles pépites, simples, profondes, émouvantes !

C’est aussi un bel élan créateur emballant pour me lancer et oser dire en dehors de mes sentiers battus. 

J’ai le plaisir d’accueillir l’une de ses participations : « Qu’est-ce que votre première dent perdue a dit, quand elle s’est faite emportée par la petite souris. »

La Trans Formation

La « trans formation » de la dent d’Ève.

 

Adam ne comprit pas ce qui lui arrivait.

Il était né ici, tranquille, bien dans son trou. Sa tête et son corps, sortie pour lui, lui avait laissé percevoir, le jour, le vent humide dans une haleine fraîche, la douceur du contact de la langue joueuse ou encore les coups de brosse dans le meilleur de sa toilette.

Que de choses, Adam avait expérimentées.

En bref, il vivait son quotidien bien présent et bien enraciné droit dans sa rangée.

Jusqu’au jour, où, à en l’endroit de sa naissance, il se mit lentement à bouger, comme si ses pieds voulaient déménager. L’étonnement grandit quand il perçu autour de lui, les doigts d’Ève accroître ce déménagement. Ce fut aussi une terrible sensation quand un espèce de fil l’enserra si fort qu’il en trembla. Cette sensation se transforma en agression lorsque le déménagement fut effectif et que le dit fil tira sur lui violemment afin que ses racines se délogent. Adam était proprement viré de son endroit, et ce sans bon aloi. Quelle stupeur fascinante l’envahit quand il décolla comme un oiseau sans ailes dans les airs à s’envoler vers l’inconnu !

Tout le monde aurait clamé : “mais que m’arrive-t-il ?”. Adam ne pipa mot, tant l’impression était grandiose.

Il ne savait pas, ni en quel lieu il se trouvait, ni pour où il partait.

Brusquement il rompit l’air et encaissa un triple choc. Il cogna tout d’abord une surface bien dure pour rebondir deux fois ensuite, contre des parois latéralement rondes. Et dans un seul mouvement, le noir s’abattit sur lui. Le rien apparut. Quelques instant plus tard, il se retrouva à nouveau ballotté, cogné, tourniqueté : “Aïe ! Aïe !” Se plaignit-il, “mais qu’est-ce que ce tohu-bohu, si c’est un jeu ce n’est pas drôle”. C’est alors qu’il entendit la voix de la maman d’Ève : “et en route vers la souris”. 

Notre chère Adam allait maintenant savoir ce que l’expression, mettre les bouts signifiait. Ainsi quitta-t-il, sa douce Ève.

Un silence complet ancré par sa masse d’inquiétude le fit trembler de tout son corps blanchâtre. Un petit bruit d’abord lointain estompa cette peur. Puis le bruit s’accrut et du coup la peur réapparue. Le bruit devint proche et quelque chose aussitôt, au-dessus de sa tête se souleva, une faible lueur l’aveugla. Adam regarda tout autour pour s’apercevoir que ce palais n’était pas si laid mais ce qu’il vit au-dessus lui fit reprendre tout de go, cette bonne vielle danse “ tremblote”.

“Oh ! Mais qu’est-ce qui m’arrive ?” fit-il d’une faible voix.

Cette pensée le frappa : « si tu as peur, Adam, c’est que tu es encore en vie. Quelle excitation que d’être dans un voyage sans même connaître l’aboutissement. Que de découvertes ! »

Sur quoi rétorqua une autre pensée : « mais je suis Adam, et Adam je veux rester ! », du coup dame tremblote redoubla son mouvement.

« Adam tu penses être, mais qui est donc cet Adam ? » souffla la première pensée. 

 Merci à http://www.sxc.huprofileaneczka-ja

Certes, peu d’enfants on vu la bien connue petite souris, pour Adam, c’était sa toute première fois. Toujours est-il qu’après le cri, la nuit retomba lourdement sur lui : “Paf”, et la lumière disparut.

Et rebelote, et rechocote, à nouveau le tohu-bohu, cahin-caha le repris, merci dame tremblote  Tout bougeait et s’étranglait ou s’élargissait. Les plans, dans tous les axes se déclinaient. Adam se retrouva la tête en dessous, les racines hors du sol, le collet sur le côté, les fesses de travers et les pieds dans le plat. Notre ami roulait comme une pierre au fond d’un fossé.

Puis tout se stabilisa.

Combien de temps dura ce nouveau voyage ? Adam ne le sut pas. Un mouvement de pivot le bascula quand, dans le fond de son habitat, la petite souris lui soufflait :

“Abris il n’y a plus. A tout vent maintenant tu dois voler, dans l’éclat de l’émail, il n’y a plus rien à tirer. Tisse ta route et figes ta peur. Du passé, aujourd’hui, il n’y a plus rien à espérer, juste quelques phases à usiter. Ajuste le grand voyage à un renouveau toujours sans fin. Va séance tenante du fleuve à l’océan.”

L’abri de notre ami glissa en plané sur l’air dérobé, alors bien sûr l’oiseau sans aile, retomba à nouveau. Splasch ! Le logis du naufragé parti en toupie et à rien Adam ne pouvait s’accrocher. Cela lui rappela quand Eve l’inondait peu après l’avoir brossé. Alors dans le flux il devait se laisser couler, d’ailleurs celui-ci l’emporta sans sourciller.

 

Mon paradis perdu.

Paradis perdu

Adam repensait à Ève, cette Ève pendant ses cours de gym. 

Elle commençait gentiment à courir, puis petit à petit, se laissait prendre par la vitesse. Elle courait, courait, courait comme si elle volait. Il sentait la fraîcheur, la chaleur de son palais, le chaloupement doux du ballottement à chaque foulée. C’était un peu la même impression ici. Deux mondes se chevauchaient, celui d’hier et celui d’aujourd’hui. Pendant que le fil de l’eau l’emportait, le fil de ses pensées remontaient jusque dans son sommeil, le temps et l’espace se cofondèrent, il s’engageât dans l’onde des songes sans fond.

Dans ses souvenirs, Ève glissait sur un toboggan géant, ici, il ne bougeait pas d’un rang et s’accrochait. Parfois elle s’amusait à décocher de droite à gauche et gauche à droite sa mâchoire inférieure, jouant avec ce mouvement de balancier – Ici, Adam se laissait porter. Quand elle faisait la roue, il tournait avec elle – le fleuve l’emmenait et parfois le haut de son logis s’entrouvrait et quelques gouttes le rafraîchissaient. Tout à coup le mouvement se vivifia. Ève marchait sur les mains – Adam se demandait dans quel sens il devait mâcher. Le mouvement s’amplifiait, Ève tournoyait en plusieurs roues – il se cantonnait bien droit dans sa loge protectrice. Le mouvement percutait, Ève s’envolait en triples sauts périlleux – il priait pour son embarcation. Quand le mouvement partit en vrille, Adam ne sut plus à quel Saint se vouer. Cette vrille, Ève ne l’avait jamais faite. Il fut alors lancé comme une flèche sans cible, son logis brisa sa coquille et notre naufragé fut projeté malgré lui dans un nouvel univers. 

Étrange le sol était rugueux, froid et frais, mousseux et gluant, sableux ou râpeux. Adam crissait sur lui en frottant son corps blanchâtre sur tout ce petit monde. De haut en bas, le mouvement était perpétuel. Adam roulait et se mélangeait. Ivre de toutes ses expériences, notre ami perdit connaissance. Le temps et l’espace s’évanouirent à nouveau. Les minutes, les heures, les jours, les mois et les années s’égrainèrent en fumée. Le feu de vie au cœur d’Adam, pétillait encore comme dans toutes choses qui autour de lui, l’accompagnaient. Des millions de petites lueurs brillaient. Peu de personnes les voyaient. C’est pourquoi l’oubli les emportait. Adam se laissa à nouveau « trans former ».

Découvrir la vie.

caillou ou dent

C’est connu, les enfants aiment se balader en bord de mer. Tous s’adonnent au plaisir du collectage des cailloux, coquillages, os de seiche en tous genre.

Karl trouva dans ce milieu notre bon Adam :

“- Oh ! Tu as vu ce caillou ?”, dit Karl, “il ne ressemble vraiment pas aux autres.”

“- Fais voir.” Demanda Jean, “ Oh ! Tu as raison, il est teint d’ocre, de gris et de bleue, mais sa surface a l’air d’avoir été toute blanche.”

“- Donne. Ah, oui c’est vrai ! Et regarde si je la place comme cela, nous trouvons trois pointes, ici, et là, il semble y avoir eu comme un creux.

- Incroyable, on dirait une dent !

- Une dent, crois-tu qu’elle a été emporté par la petite souris ?” s’amusa Karl. Jean surenchérit : “Tu rigoles, c’est le père Noël, je te dis.”

 

Vers l’infinie.

“Dent ou Cailloux, qui que tu sois, retourne fièrement à l’océan”.

C’est ainsi que notre ami se retrouva dans les airs pour atterrir, toujours comme un oiseau sans ailes, dans son milieu originel et naturel. Il glissa dans l’abîme de la plénitude et s’imbiba dans les abysses acceptés. Adam n’eut même pas l’idée de penser que Karl aurait pu avoir une dent contre lui, tellement il était heureux de se retrouver dans une nouvelle aventure.

Le bonheur le transcendait. Dans cette mer étoilée, il se souvint de son voyage, du tout petit il avait expérimenté le grand, et du si grand, le tout petit. Peut-être, en son temps, avait-elle été comme l’Adam qui attend son Ève. Ce jour était différent, il sentait en lui la vie lui ouvrir ses bras.

Comme si l’on émerge quand on s’immerge, les transformations se passent, le corps et les idées changent quand la vie reste et s’illumine par la conscience qui les expérimentent.

 Merci à  http://www.sxc.hu/ pour les photos.

 

L’événement « Agir ? Réagir ? Mais qui ou qu’est-ce qui agit ou réagit ? »

Pour vous renseignez sur les modalités des articles t’aimes-sourires ? Cliquez ici.

Pour le jeu avec l’ événement : “les mots vous sourient” .

 

 

2 Réponses pour La « trans formation » de la dent d’Eve. [article invité]

  1. Bonjour Sinje,
    Bonne idée d’accueillir une histoire touchante et philosophique!
    Nicole
    Nicole Articles récents..Commentaires sur Fleur d’avril: l’iris. par Christian de Destresse MarketingMy Profile

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

CommentLuv badge